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  • Laurie Amathieu

Coco Corona, t'as bien niqué ma carrière !



Oui c’est vrai, ce titre est vulgaire et j’ai un moment hésité à l’utiliser. Il est inspiré de la chanson de Camille Lellouche « Coco Corona ».

Néanmoins j’ai voulu le garder car cette vulgarité exprime la colère, la tristesse, la souffrance que peuvent ressentir les malades Covid, notamment "Covidlong", arrêtés depuis plusieurs mois.


On parle du cancer en entreprise, du burn-out (parfois) mais qu’en est-il des maladies invisibles, chroniques, celles qui coupent les collaborateurs parfois de longs mois de l’entreprise ou qui les obligent à s’arrêter régulièrement ?

Prenons l’exemple de David, 40 ans, qui a été touché de plein fouet par le covid en Novembre. Jeune et sans problème de santé particulier, il pensait comme beaucoup d’autres que c’était une histoire de quelques jours. Disons 20 jours au plus. Sauf que les douleurs ont perduré, la fatigue, les brûlures thoraciques, les tremblements et autres séquelles se sont installées dans la vie de David. Comme 15% à 30% des malades covid qui ont des problèmes de santé sur plusieurs mois, David est en « covid long ». Une association de patients #AprèsJ20 s’est montée pour faire connaître cette maladie et agit dans les médias, auprès du gouvernement, en soutien des malades.

« Ça va passer » « C’est dans la tête » « Ne stressez pas et prenez des anxiolytiques » « Les examens ne montrent aucun problème, vous pouvez reprendre le boulot »

Ce sont les différentes phrases entendues par les malades atteints du Covidlong.

Sauf que non ce n’est pas dans la tête, le corps souffre vraiment même si « cliniquement tout va bien ». Le mental souffre aussi…de ne pas s’en sortir, de l’incompréhension ambiante, de l’injustice (pourquoi moi ?).

#Culpabilité de ne pas pouvoir assurer au travail, #frustration et #souffrance du corps se mélangent alors dans la tête des malades.


Revenir au travail, reprendre son poste (parfois remplacé) ou encore devoir s’arrêter et vivre au rythme des faiblesses de son corps provoque perte de confiance en soi, ruptures de lien et peurs.

« Je cache ma maladie de peur d’être virée » « Je n’ose pas poursuivre mon arrêt maladie »

« Mon chef m’a dit que je ne pourrai pas évoluer car on ne pouvait pas compter sur moi tout le temps »


L’entreprise reste une entreprise avec un objectif de résultat et d’efficacité. C’est normal, ne nous leurrons pas. Il est par ailleurs compliqué pour un manager et une équipe de faire face à des arrêts longs ou répétés, c’est aussi une charge de travail supplémentaire à absorber pour les autres, une organisation à trouver, à palier.

Je pose donc deux axes de réflexions :


1/ Comment accompagner ces collaborateurs touchés par des maladies invisibles, longues, chroniques dans leur quotidien professionnel ? Comment leur redonner confiance en eux pour reprendre après un arrêt longue durée ? Comment les reconnecter à leurs forces et leurs ressources pour leur permettre de mieux vivre cette situation sans culpabilité ?


2/ Quels modes d’organisation peuvent être pensés en équipe pour faire face à cette potentielle désorganisation ? Comment le collectif peut se réinventer, assumer, et accepter cette agilité et cette fragilité (qui est le propre de l’homme) ?


J’ai l’intime conviction qu’en alliant les talents de chacun, en redonnant confiance aux collaborateurs touchés par la maladie, en les impliquant dans les conséquences pour leur équipe et en faisant appel à l’intelligence collective, des solutions pérennes et au service de l’humain et de la performance peuvent être trouvées.


Dans mes accompagnements en coachings individuels, je travaille sur la reconnexion à ses forces et ses talents pour redonner confiance à l’individu. Ainsi certains ont pu reprendre après un burn-out de manière plus sereine.


En coaching collectif, je travaille avec les managers sur les modes de fonctionnement collectifs, ce qui marche, ce qui marche moins, la place d’un individu dans le collectif. Je crois que nous aurons fait un grand pas quand des coachings collectifs (d’équipe ou d’organisation) se tiendront avec pour sujet : la place de la maladie dans notre collectif.


Et vous, qu’en pensez-vous ?

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