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  • Laurie Amathieu

Normal is dead

Le monde d’après est là, il paraît...ou plutôt nous sommes dans le monde, avant-pendant-après au final peu importe. En revanche notre notion de la « normalité » n’est plus la même.

Le confinement a bouleversé notre rapport au temps. Certains étaient (et sont encore) en overdose de tâches puisqu’il fallait tout faire confinés : gérer son travail, le foyer, ses relations.

D’autres ont vu le rythme se ralentir voire s’arrêter.

Dans cette société à deux vitesses, certains sont au bord de l’épuisement.

D’autres ne savent pas comment appréhender l’incertitude devant eux.




Alors que pendant le confinement, il s’agissait de vivre ici et maintenant puisqu’on ne savait rien à J+2, depuis le début du dé-confinement, nous voilà repartis dans les travers de notre temps et de notre rapport au temps : « et après ? » nous crie t-on !

Une multitude d’articles, de conseils pour « sortir de la crise », « faire face à la reprise », poser les bases d’une autre organisation, d’un autre travail, d’un autre management se multiplient…moi je suis toujours là et me questionne.

J’ai normalement une tendance très nette à vouloir anticiper, maîtriser et préparer l’avenir. Alors tout cela me parle. Mais je vis un blocage. Pourquoi ? je ne sais pas.


Je n’ai peut-être pas envie de penser tout de suite à "l’après" justement parce qu’avant de penser à organiser l’après, nous avons des choses à régler maintenant.

Nous avons un vécu collectif de crise mais nous sommes pourtant tous dans des réalités différentes. Que ce soit la manière dont nous avons vécu le confinement, le dé-confinement, une chose est semblable : nous avons tous été bousculés et sommes tous et toutes à des étapes différentes de ce changement. Chacun doit faire son propre chemin vers le deuil de « sa normalité ».

Et vous, vous en êtes où sur la courbe du changement ?



La courbe du changement est aussi appelée courbe du deuil. Ces différentes étapes ont été soulignées par Elisabeth Kübler Ross et s’appliquent aussi bien dans la vie privée que professionnelle.

Selon cette psychiatre, toute perte passe schématiquement par cinq phases, qu’il est utile de reconnaître et de distinguer pour mieux s’aider les uns les autres à les traverser : le déni, la révolte, le marchandage, la dépression, et enfin l’acceptation.

Tout le monde passe par chacune de ces étapes mais nous n’y passons pas tous le même temps…voir certains restent bloqués sur une de ces phases.

Faire le deuil de notre « normalité », c’est peut-être ça qu’il me semble nécessaire de faire.

Bien vivre le présent, se libérer des émotions que nous avons vécues, accepter de vivre dans l’incertitude, apprendre de cette crise, accepter de vivre une nouvelle phase tout en continuant de gérer le stress du travail à la maison, le retour (ou non) des enfants à l’école, de gérer son sentiment d’utilité et/ou de non-utilité pour ceux dont l’activité peine ou sont en chômage partiel.

Tout cela c’est du maintenant.


Savoir accueillir ce qu’il s’est passé, s’en libérer, voir la situation différemment, percevoir ce que la crise et le confinement ont pu libérer de positif en apprentissages chez nous, c’est aussi une forme de préparation à mieux vivre maintenant ...et après d'ailleurs.


C'est également une étape que les managers et les leaders devront prendre et apprendre à réaliser avec leurs équipes.


Pour renouer avec la performance il faut savoir accueillir les individus avec leurs vécus, libérer la parole puis (re)mobiliser le collectif.

Ce sera l'object de mon prochain article !


Et vous, vous en êtes où dans votre courbe du changement ?




 

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